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2004-.52.1
Gravure
Saint Anne de Beaupré
Anonyme, Québec
Gravure sur bois avec dorure et impression polychrome
Début du 20e siècle; hauteur 59,4 cm (23 po.)
Achat du Musée
PROVENANCE : Propriété de la succession de John L. Russell,
sommité en revente d’œuvres canadiennes.
L’OEUVRE
Nous apercevons une figure sculptée de sainte Anne de Beaupré à genoux dans une pièce peinte et dorée en forme d’aiguille. Le style est de type « art artisanal », c'est-à-dire, l’œuvre d’un artisan de formation sommaire, sans doute un apprenti dans un cadre non formel, guidé par des parents ou autres membres de son entourage, ou même autodidacte. Il se peut que l’artisan eût une dévotion particulière à sainte Anne de Beaupré et qu’il fréquentât la basilique de grande renommée, où tant de miracles ont été attribués à son intercession.
La très grande aiguille dans laquelle se trouve sainte Anne imite la structure de la quatrième église à lui être dédiée au Québec, la première basilique, construite en 1876 et détruite par le feu le 29 mars 1922. La basilique actuelle fut consacrée par le cardinal Maurice Roy, le 4 juillet 1976, et des milliers d’États-Uniens et de Canadiens continuent d’y être attirés. De toutes les églises qui lui sont dédiées, aucune ne peut revendiquer autant de miracles que la basilique du Canada.
SAINTE ANNE, MÈRE DE LA VIERGE MARIE, PATRONNE DES FEMMES MARIÉES ET DE TOUTES LES MÈRES
La dévotion à sainte Anne est le prolongement de l’affection que les chrétiens manifestent envers la Sainte Vierge. L’une des plus anciennes églises de Jérusalem a été construite sur le site de sa naissance. La tradition soutient que l’édifice fut construit sur le site de la demeure de Joachim et d’Anne, parent de Marie et grands-parents de Jésus. C’est au même endroit que la Bienheureuse Vierge Marie est née et qu’elle fut élevée. Une fête en l’honneur de sainte Anne fut prescrite le 26 juillet 1584, par le pape Grégoire XIII.
LA GRAVURE SUR BOIS AU QUÉBEC
Les débuts de l’art canadien-français ont été dominés par des thèmes religieux, notamment durant la période de colonisation. La gravure sur bois deviendra un art fort spécialisé et respecté au Québec, l’Église catholique tenant le rôle de principal employeur, et parfois de seul employeur, de sculpteurs et de graveurs sur bois des premiers temps de l'histoire du Québec.
Salon la tradition, Mgr de Laval 1623-1708), premier évêque de Québec, a fondé la première école d’art et d’artisanat, faisant venir un navire rempli d’artisans de France à Québec, en 1675, qui se sont employés à former plusieurs apprentis en Nouvelle-France. L’une des plus audacieuses réalisations de l’époque a sûrement été l’église des jésuites de Québec (1666), construite d’après les églises de même style en Europe. En 1669, Mgr de Laval s’est consacré aux travaux préparatoires d’un ensemble d’autres églises pour les gens de la campagne environnante. Plus petites et moins élaborées, celles-ci étaient pourtant riches en couleurs et présanant de magnifiques gravures.
Se fiant d’abord aux commandes ecclésiastiques, les graveurs et les ébénistes créaient également des pièces destinées aux résidences particulières. Parmi les artisans les plus en vue dont les œuvres existent toujours, on note celles des familles Levasseur et Baillargé, ainsi que Louis Amable Quévillon (1749-1823), et dont les œuvres ornent encore des églises bien connues, entre autres, les figures sculptées de l’autel de la basilique Notre-Dame de Montréal.
La sculpture sur bois et nombre d’autres formes artistiques ont connu un déclin graduel à compter des années 1830, vu l’arrivée de nouvelles techniques et les procédés mécaniques. Au cours du 19e siècle, les sculptures sur bois commandées par le milieu ecclésiastique ont, à peu de choses près, complètement disparu.
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