Les martyrs mexicains

Saint Rafael Guizar Valencia

Mgr Bishop Rafael Guizar Valencia (1878-1938), canonisé à Rome le 15 octobre 2006 par le pape Benoît XVI, est devenu le septième membre des Chevalier de Colomb et le premier Chevalier membre de l’épiscopat à être canonisé.

Six autres Chevaliers, qui étaient tous devenus martyrs au Mexique durant les persécutions des années 1920 et 1930, avaient été déclarés saints de l’Église catholique par le pape Jean-Paul II en 2000.

Né à Cotija de la Paz, Michoacan, au Mexique, le 16 avril 1878, Rafael Guizar Valencia est ordonné prêtre en 1901. La révolution mexicaine qui débute en 1910 donne lieu à une persécution de l’Église catholique de plus en plus sévère, dont l’abbé Guizar – en tant qu’ardent défenseur de l’Église – devient une cible privilégiée.

Se déguisant en brocanteur, il prend le maquis afin de poursuivre son œuvre comme prêtre. Quand, en 1915, le régime ordonne qu’il soit abattu à vue, il s’évade aux États-Unis pour ensuite servir l’Église au Guatemala et à Cuba.

Pendant son séjour à Cuba, il est ordonné évêque de Veracruz, au Mexique. Lorsque la révolution prend fin, il retourne au Mexique en janvier 1920. Le 16 août 1923, il devient membre des Chevaliers de Colomb du Conseil 2311 Jalapa de Veracruz.

Devenu évêque, il fonde le séminaire clandestin pour la formation des futurs prêtres, observant qu’«un évêque peut se passer d’une mitre, d’une crosse et même d’une cathédrale, mais jamais d’un séminaire, parce que l’avenir de son diocèse dépend du séminaire».

Durant la persécution de l’Église par le président mexicain Plutardo Calles, Mgr Guizar Valencia s’enfuit de nouveau du pays en 1927. Il revient en 1929, année où l’Église conclut une entente avec le gouvernement mexicain, laquelle est en partie redevable aux pressions exercées les Chevaliers de Colomb pour convaincre le gouvernement américain de prendre une part active dans le dénouement de la crise.

Une fois revenu au Mexique, Mgr Guizar Valencia entreprend de nouveau son ministère, acquérant la réputation d’être «l’évêque des pauvres». Il meurt le 6 juin, 1938, de causes naturelles et sera béatifié par le pape Jean-Paul II le 29 janvier 1995.